17 décembre 1993 (extrait de divagations d'un loup solitaire)

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17 décembre 1993 (extrait de divagations d'un loup solitaire)

Message  jeffjoubert le Lun 8 Aoû - 20:12


17 Décembre 1993. Tu connaissais toutes les mers, et c’est sur la plage que tu nous as quitté, sans un au-revoir. Je me souviens de cette nuit, où dans mon lit, je tremblais car je savais que tu t’en allais pour une dernière mission, et tu ne m’avais toujours pas parlé. Le navire amiral allait venir te chercher, impuissant, je le sentais… la rue bouillonnait de cris, le chien te cherchait, et toi, tu sortais du bistrot pour aller boire la tasse, la dernière.
- Papa !


Je crie. Je pleure. J’annonce à mes frères et sœurs la terrible nouvelle : ta mort ! Tu es parti, nous laissant seuls, et parfois je pense que de là-haut, tu me surveilles, ai-je tort ? Que fais-tu maintenant que tu es six pieds sous terre ? Tu sais, je divague. J’ai mal. Je suis sans cesse au bord de la crise de nerf.


Tu m’entends ? Quand le port s’est refermé, je suis resté prisonnier d’une douleur atroce : celle de mes souvenirs... trop flous. Tu remorques ma vie, et je suis tes pas sans vraiment le vouloir. Difficile de parler de l’absence, ça manque de sens. Difficile de parler de toi, et pourtant, j’imagine que tu me vois. Difficile d’accepter de ne plus te croiser, t’entendre chanter, te voir pêcher, tu es loin maintenant. J’avance à petit pas, et je me demande parfois si tu serais fier de moi. Fier, pourquoi ? Généreux est le mot qui t’allait de source, car tu n’avais pas le fond mauvais, au contraire, tu donnais ! Je tente de rester moi-même, mais même cet exercice n'est pas facile. Sur quels murs danse ton âme ? Tu es le murmure de mes insomnies, tu es la marque de fabrique de ma vie. Tu es là !

Je sais que tu es sorti voir les flots, et qu'ils t'ont englouti. Dieu et le diable se sont associés pour te ramener au près. Regarde ! Regarde ma solitude… et comprends- moi ! Inutile de fuir, je suis ton ombre, j’avance sur la mappemonde, et je me perds, mon père. Tu me surveilles, tu veilles au grain, et pourtant je suis dans la tourmente, la faute à pas de chance, sans doute. Je vais te parler de ma vie, te raconter mes soucis, et tu vas sourire, et même rire. Oui, je l'entends déjà ce rire, et je voudrais le partager, il est essentiel à ma vie. Je voudrais voyager, mais je suis bloqué par mes peurs, mes frayeurs... tu sais la tête brûlée que j'ai été... mais mes ailes se sont froissées. Je raconte

jeffjoubert
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